COMMUNE DE : Nganza, entre mémoire, défis et résilience
Vue du siège de la
commune de la Nganza|Photo : Bena-Luluabourg.com
Nichée à l’ouest du centre-ville de Kananga, la commune de Nganza
incarne une facette singulière de la capitale provinciale du Kasaï-Central.
Anciennement connue sous le nom de Tshimbi, en hommage à un chef coutumier
originaire de Bakwanga (actuelle Mbuji-Mayi), Nganza tire aujourd’hui son nom
d’un petit ruisseau traversant la commune et se jetant dans la rivière Lulua.
Une commune à l’âme
rurale
Territoire à forte vocation agricole, Nganza reste marquée
par une activité économique modeste, essentiellement concentrée autour de son marché
local et de la maison communale. Bien que considérée comme une commune pauvre,
son caractère semi-rural et la cohésion communautaire en font un espace réputé
« agréable à vivre » par ses habitants.
Sur le plan ethnique, Nganza est majoritairement peuplée par
des familles originaires du territoire de Dibaya, et plus spécifiquement les Bajila
Kasanga, dont le chef traditionnel n’est autre que Kamuina Nsapu, figure
aujourd’hui chargée d’une symbolique forte dans l’histoire récente du pays.
Un passé marqué par
la violence
Nganza n’échappe pas aux stigmates de l’histoire
contemporaine. En mars 2017, la commune fut le théâtre d’un massacre perpétré
par l’armée congolaise dans un contexte de tensions liées au conflit Kamuina
Nsapu. Un événement tragique qui reste ancré dans la mémoire collective locale
et nationale.
Des infrastructures
encore précaires
Ces dernières années, quelques avancées infrastructurelles
ont vu le jour. La route reliant le centre-ville de Kananga au rond-point de la
maison communale de Nganza a été bétonnée, facilitant les déplacements vers Nkonko,
l’hôpital protestant américain I.M.C.K. de Tshikaji et la Route nationale.
Malgré cela, la commune fait toujours face à une pénurie
d’électricité et d’eau potable, malgré l’installation de poteaux électriques.
Les habitants attendent avec espoir la finalisation du barrage hydroélectrique
de Katende, censé améliorer l'accès aux services de base.
Vie sociale,
éducation et spiritualité
Sur le plan éducatif, Nganza dispose de plusieurs écoles
catholiques de niveau primaire et secondaire, d’une école Kimbanguiste, et de
deux écoles primaires publiques. L’école de la paroisse Sainte Thérèse de
Nganza, réservée aux filles, joue un rôle clé dans la formation des jeunes
filles de la commune.
La formation militaire est également présente à travers l’École
de Formation des Officiers (EFO), témoignant d’une certaine diversité
institutionnelle.
La vie religieuse y est très active, avec la présence de trois
églises catholiques, d’une église protestante presbytérienne et d’une église
Néo-Apostolique de grande envergure.
Par ailleurs, des initiatives citoyennes ont été lancées
pour lutter contre l’érosion, notamment dans le quartier de la rue Lubi, où un ravin
menace des habitations. Des volontaires communautaires tentent d’enrayer cette
catastrophe environnementale silencieuse.
Nganza, entre mémoire douloureuse, espoirs d’infrastructures
et résilience quotidienne, représente un microcosme des défis et des promesses
qui traversent les communes périphériques de la RDC. Une commune à suivre, à
écouter, et surtout, à ne pas oublier.
Sharon MUJINGA