TERRITOIRE DE : Demba : le pari d’une modernité ferroviaire

Image du territoire Demba : le pari d’une modernité ferroviaire

Section I : Identification du territoire


IDENTIFICATION

- Nom du territoire : Demba
- Chef-lieu : Demba
- Superficie : : 8 825 Km2
- Téléphone : +243 813 724 959
- E-mail: Pkanyinda@caid.cd
- Population :1 133 481 Habitans (INS 2022)
- Densité :128,4 hab/km2

 

Carte administrative 


 

Section II : Données géographiques, administratives et particularités du territoire

Historique de la création du territoire

Le Territoire de Demba a été créé par ordonnance-loi n°025/AIMO du 1er juillet 1945 et se trouve dans la Province du Kasaï Central.

Coordonnées géographiques

Le Territoire de Demba est situé entre 600 et 900 mètres d’altitude, sa longitude est de 22° 15′ Est et sa latitude est de 5° 30’ Sud. Il s'étend au Nord-Ouest de la Province. Le Territoire est limité :

-        Au Nord : par le Territoire de Mweka (Kasaï);

-        Au Sud : par la Commune de Lukonga;

-        A l’Est : par le Territoire de Dimbelenge;

-        A l’Ouest : par le Territoire de Luebo et une partie de Territoire de Kazumba,.

Sol, climat, relief et hydrographie

Le Territoire de Demba a un sol argilo-sablonneux avec une végétation couverte au Nord par la forêt dense humide semi-décidue qui alterne avec la zone de la savane et la savane entrecoupée des forêts galeries au Sud du Territoire. Il sied de signaler que la flore est habitée par une faune diversifiée comprenant les animaux herbivores, carnivores, les reptiles et les oiseaux de plusieurs espèces.

Il connaît un climat tropical avec alternance de deux saisons à savoir : la saison de pluie et la saison sèche. La température moyenne varie entre 25 à 30 °C. Et il présente un relief comportant les collines et les plaines. Son sous-sol contient du diamant exploité d’une manière artisanale.

Le Territoire est traversé par plusieurs cours d’eau les plus importants sont : Lubudi, Katusenga et Lulua.

Subdivision administrative

Le territoire de Demba possède deux cités et sept secteurs. Il s’agit de :

Cité de Demba, chef-lieu du territoire.

Cité de Bena-Leka

1. Secteur de Diofwa. Constitué de 7 Groupements :

Bakwa-Lonji

Bakwa-NKunda

Bakwa-Lusabi

Bakwa-Ngandu

Bena-Kamuanga

Bena-Mpeta

Bena-Tshikulu


2. Secteur de Lombelo, constitué de 14 Groupements :

Bakwa-Kabola/Mbombo I

Bakwa-Mputu

Bakwa-Tshiaba/Bisamba

Bena-Kalombo/Mbombo II

Bena-Kapuki

Bena-Mafudi

Bena-Mafudi II/Bena-Kabuanda

Bena-Tshianza

Bena-Tshipata

Bena-Tshiulu

Bena-Luela

Bena-Mulenga I

Bena-Mulenga II

Tshisense/ Bena-Disanga

3. Secteur de Lusonge, constitué de 7 Groupements :

Bakwa-Mbuyi

Bakwa-Ntamba

Bena-Diulu

Bena-Milombe

Bena-Mukamba

Bena-Tshijiba

Tshita Kanyoka/Bakwa-Mwanza

4. Secteur de Bena-Mamba, constitué de 6 Groupements :

Bakwa-Longo

Bakwa-Lusabi

Bakwa-Mbalayi

Basangana

Bena-Mbala

Bena-Mbulu

5. Secteur de Muanza-ngoma, constitué de 6 Groupements :

Bakwa-Beya (Lomba)

Bakwa-Bumba

Bakwa-Ndafunyi

Bakwa-Tshinga

Bena-Kasanganaie

Bena-Tshiadi/Mutebengele

6. Secteur de Tshibote, constitué de 11 Groupements :

Bakwa-Kabunda

Bakwa-Lubi

Bakwa-Mpika

Bakwa-Mulamba Nkanga

Bena-Kabasele

Bena-Lupongo

Bena-Mbiye

Bena-Kadiebue

Bena-Tshiadi

Bena-Tshidila

Mulumba wa Mulumba

7. Secteur de Tshibungu, constitué de 12 Groupements :

Bajila-Mpampi

Bakuanga Mule

Bakwa-Tshishimbula

Bakwa-Lule Busantu

Bakwa-Mbayi

Bakwa-Muashi

Bakwa-Tshipamba

Bambu

Basonge

Batetela

Ben'eki

Tshikwa Mukalenga

Particularités du Territoire

La Population de Demba est majoritairement agricole. Elle cultive principalement les maïs, le manioc, le niébé, le riz paddy et l’arachide. Elle produit également les cultures traditionnelles notamment le caféier et le palmier à huile. Le diamant, bien qu’il soit exploité de manière artisanal dans tous les secteurs excepté le secteur de Diofwa constitue la première richesse minière dans le Territoire. Il sied de signaler qu’il existe quelques comptoirs de diamant installés pour cette fin. Le Territoire de Demba est réputé dans la production des boissons alcoolisées de meilleure qualité communément appelées « Tshitshiampa » il regorge 1.358 Km des routes vitales de desserte agricole non entretenus.

Section III : Vue socioéconomique du Territoire

Les grandes entreprises, localisation et secteurs d’activités

Aucune grande entreprise n’est répertoriée dans le Territoire de Demba, excepté l’antenne de la REGIDESO qui distribue de l’eau potable dans la cité. Il est important quand-même de révéler qu’il existe des grands opérateurs économiques qui œuvrent dans ce Territoire pour le bien-être de la population. A titre illustratif, la Fondation LUKONO qui distribue l’électricité et l’eau potable dans la commune rurale de Bena Leka.

Les institutions bancaires et financières sont quasiment inexistantes dans tout le Territoire, avec la bancarisation les agents ou fonctionnaires de l’Etat sont obligés de se rendre chaque fois au chef-lieu de la Province pour retirer leurs salaires. Les industries agro-alimentaires n’existent pas non plus excepté celles qui sont artisanales et spécialisées dans la fabrication de savon, l’huile de palme et la boisson alcoolisée.

Le transport des personnes et de leurs biens est généralement assuré par la moto et le vélo qui approvisionnent le centre urbain en produits agricoles et ramènent vers le Territoire les produits manufacturés et autres produits pétroliers ou vestimentaires.

Principales zones de concentration d’activités économiques et défis majeurs

La principale activité est l’agriculture vivrière dont une partie de la production est destinée à la consommation et l’autre à la vente dans les grands centres de consommation malgré l’état de délabrement très avancé des routes d’intérêt national et de desserte agricole. Le petit commerce, la chasse, l’élevage de petit bétail et la volaille ainsi que la cueillette constituent les activités secondaires.

Les activités économiques se concentrent au chef-lieu du Territoire et dans d’autres zones notamment Bena Leka et Zapo-Zapo. La mécanisation de l’agriculture constitue le grand défi pour relancer les activités économiques au meilleur niveau.

Principales infrastructures économiques et défis

Il sied de signaler qu’il n’existe aucune industrie extractive agro-alimentaire et de transformation dans le Territoire. Les voies de transport particulièrement les routes et le chemin de fer sont délabrées et l’évacuation des produits agricoles des lieux de production vers les centres de consommation est difficile.

Néanmoins, pour booster le commerce et faciliter la circulation des personnes et de leurs biens, la réhabilitation des routes d’intérêt national et de desserte agricole ainsi que de certains ponts rendrait facile l’évacuation des produits agricoles de centres de production vers les centres de consommation.

Répartition des activités par secteurs d’activités économiques

L’économie du Territoire de Demba est dominée par l’agriculture de subsistance avec comme principales productions agricoles le maïs, le manioc, le niébé, le riz paddy, l’arachide, l’huile de palme, l’élevage des petits et gros bétails, l’exploitation artisanale du diamant ainsi que le commerce des produits champêtres et manufacturés. La présence des petites usines artisanales destinées à la fabrication des savons, boissons alcoolisées et l’huile de palme est remarquable.

 

 

 

TERRITOIRE DE DEMBA

POURCENTAGE

Agriculture

75

Elevage

14

commerce

5

travail salarié

3

autres

2

Total

100

 

De la production locale

Dans le Territoire de Demba, on note la production du maïs, de manioc, du riz paddy, de niébé, la boisson alcoolisée, le savon, l’huile de palme et de l’arachide dans tous les secteurs. On note aussi la présence des diamants à Mamba..

Section IV : Brève présentation des données sectorielles

Situation sanitaire

Le Territoire de Demba compte 3 zones de santé, 3 Hôpitaux Généraux de Référence et 57 centres de santé.

Les Maladies récurrentes sont :

Paludisme ; les infections respiratoires aigües ; la diarrhée simple ; la fièvre typhoïde ; l’amibiase.

Il sied de signifier que les facteurs tels que le taux élevé des moustiques issus des eaux usées et poubelles mal entretenues, la consommation de l’eau non traitée, les mauvaises conditions hygiéniques sont des facteurs déclencheurs de ces maladies.

Profil épidémiologique

Le profil épidémiologique est dominé par la morbidité et la mortalité dues au paludisme, aux infections respiratoires aigües, à la diarrhée simple et la fièvre typhoïde selon la Division Provinciale de la Santé (DPS). Grâce à l’appui de plusieurs bailleurs, la DPS continue à renforcer la prise en charge des malades malgré les multiples défis liés notamment au mauvais état des routes et aux ruptures récurrentes des stocks de médicaments dans les structures de santé difficiles d’accès.

Agriculture et défis de développement rural

 

PRODUCTION VIVRIÈRE

PRODUCTION PÉRENNE

PRODUITS

BASSIN DE PRODUCTION

PRODUITS

BASSIN DE PRODUCTION

Manioc

Tous les secteurs

Café

Tous les secteurs

Riz paddy

Tous les secteurs

Palmier à Huile

Tous les secteurs

Arachide

Tous les secteurs

 

Défis du développement du secteur

L’agriculture joue un rôle clé dans la croissance économique du Territoire. Plus de 80% de la Population vive de l’agriculture de subsistance. Malheureusement, sa contribution à l’économie n’est pas prise en compte à cause des certains défis tels que les lois sur l’agriculture obsolètes et les politiques agricoles inappropriées.

Un autre défi concerne l’accès aux semences de qualité qui est quasiment impossible vu que les banques de semences n’existent pas. Les semences locales ont un faible rendement du fait de leur traitement et de leur conservation. Il faudrait donc moderniser l’agriculture afin d’augmenter la productivité.

Enfin, l’effectif de la majorité des fermiers et agriculteurs regroupés en Organisations paysannes n’est pas maîtrisé. Cette situation pousse certains bailleurs des fonds à minimiser les risques et obligent ces derniers à refuser d’injecter des gros moyens financiers dans un secteur à connotation informelle.

Education

Le Territoire de Demba compte 2 sous divisions éducationnelles dans lesquelles l’on compte 542 écoles primaires et 207 écoles secondaires.

En ce qui concerne l’Enseignement Supérieur et Universitaire, le Territoire n’a pas d’Université et ne compte que 3 Instituts supérieurs ci-après :

L’Institut Supérieur des Techniques Médicales de Demba (ISTM) ;

L’Institut Supérieur de Développement Rural de Demba ;

L’Institut Supérieur Pédagogique (ISP).

Environnement et enjeux de développement durable

Il n’existe pas tellement des sites ayant un attrait touristique à l’exception des missions catholiques. Le Territoire présente une flore diversifiée et une faune caractérisée par plusieurs espèces qui y vivent.

Energie et accès à l’eau

La REGIDESO dispose d’une antenne au chef-lieu du Territoire. Pas de SNEL excepté la Fondation LUKONO qui alimente les habitants de la commune rurale de Bena Leka en électricité.

Il existe des forages au chef-lieu du Territoire et un peu partout dans le Territoire où le besoin en eau se fait remarqué. D’autres forages sont en pleine construction, plusieurs sources d’eau sont également aménagées bien que d’autres exigent une réhabilitation. Un central solaire appartenant au Député National LUKONO fonctionne régulièrement à Bena Leka.

Déficit infrastructurel et niveau d’inter connectivité des réseaux locaux

Le Territoire est faiblement connecté au réseau routier national. Le vaste réseau des routes de desserte agricole qui existe n’est pas du tout entretenu. A cause de ce déficit, plusieurs sites de production sont quasiment enclavés. Les quelques routes provinciales qui existent sont entrecoupées par des rivières et nécessitent l’emplacement des ponts métalliques ou en béton armé. Malheureusement ce sont de morceaux de bois qui y sont superposés pour assurer la continuité des routes.

Le Territoire de Demba affiche un taux d’accès à l’eau et à l’électricité très faible malgré son immense potentiel hydroélectrique. Aujourd’hui, le manque d’eau potable a un impact sur tous les domaines de la vie. A titre illustratif, les femmes doivent marcher environ 30 à 45 minutes chaque fois qu’elles vont chercher de l’eau pour leur famille, ce qui leur laisse moins de temps pour travailler et gagner un salaire. Seuls 6% de la population ont accès à l’eau potable et 1% à l’électricité. Ce qui explique la nécessité de l’amélioration de la desserte en eau potable et en électricité en faveur de toute la Population. L’implication du pouvoir public devrait être orientée vers la prise en charge de cette activité par des investissements conséquents soit en développant par exemple des sources d’énergie moins coûteuses et plus adaptées soit en renforçant la capacité du gouvernement provincial à développer une auto-prise en charge dans le secteur énergétique en investissant et en promouvant des investissements privés pour le Territoire.

Déficit infrastructurel

Les routes d’intérêt national, provinciales et de desserte agricole sont en état de délabrement très avancé. Cette condition rend la vie difficile en ce qui concerne la circulation des personnes et de leurs biens. Les produits agricoles pourrissent dans les centres de production parce que les conditions d’évacuation ne sont pas réunies.

Le chemin de fer traverse tout le Territoire du Nord-Sud. La Société Nationale de Chemin de fer (SNCC) permet aux commerçants d’acheminer les produits agricoles, manufacturés et pétroliers au Territoire et dans la Ville de Kananga.

Les têtes d’érosions menacent également ce secteur. Ceci pourrait donc provoquer la rupture totale en approvisionnement en produits agricoles, faisant ainsi craindre une crise alimentaire alarmante dans le Territoire. Celui-ci n’a pas de fleuve ni de lac dans le Territoire. Les cours d’eau présents dans le Territoire sont peu navigables à cause des fortes chutes d’eau. Quelques paysans utilisent leurs pirogues pour aider les passagers à traverser les rivières avec beaucoup de risques.

Section V : Projet de développement en cours

Projet du gouvernement central

Dans le cadre du PDL 145 Territoires initié par le Gouvernement Central, il est prévu la construction des écoles, des centres de santé, la réhabilitation et entretien des routes de dessertes agricoles, la construction des forages avec bornes fontaines, des bâtiments administratifs et logement ainsi que l’appui en intrants agricoles, l’accompagnement et la professionnalisation des producteurs agricoles des filières porteuses.

Projets mise en œuvre par les partenaires au développement

Il n’y a un seul partenaire RACOJ qui œuvre dans le domaine de la sécurité alimentaire dans le Secteur de Tshibungu.

Section VI : Défis majeurs pour le développement de Territoire

Les actions à mener vont consister à la réhabilitation des infrastructures dans tous les secteurs socio-économiques en vue d’appuyer le rétablissement des conditions adéquates afin de permettre la relance économique et l’amélioration de la qualité de vie de la Population au moyen de services de transports opérant de façon continue, concurrentielle et sûre.

Des initiatives locales de développement

Des initiatives de développement touchant plusieurs domaines socio-économiques existent dans le Territoire. Dans le secteur agricole, le plan d’actions d’urgence soutenant les capacités de gestion pour une redynamisation de la production contribuera à relever les défis agricoles si des ressources humaines et financières suffisantes sont mobilisées à temps et consacrées aux actions d’une façon durable. Favoriser également le développement local dans la zone grâce aux coopératives et autres entreprises.

Section VII : Atouts et opportunités de développement du Territoire

Dotation en ressources naturelles

Le Territoire dispose d’immenses potentialités de développement pouvant relancer l’économie de la Province. Pour y arriver, il faut que la Population prenne conscience pour une exploitation rationnelle du sol et de ses innombrables richesses. Les plus importantes sont la forêt, les ressources en eaux, le diamant et les terres arables relativement de bonne qualité.

De la démographie et capital humain

La population de Demba est quasiment monoethnique, composée des Baluba du Kasaï communément appelés Bena Lulua. On note cependant quelques enclaves des Basongye et des Bakua Luntu. Ces derniers appartiennent au même peuple Baluba que les Bena Lulua. La population est essentiellement rurale et pratique l’agriculture comme activité principale. La majorité d’entre elle est composée des jeunes intellectuels mais frappés par le manque d’emploi.

Pour ce qui est du capital humain, l'homme doit être placé au centre de tout intérêt en commençant par la prise de conscience. Cette Population constitue une main d’œuvre capable de contribuer au développement socio-économique du Territoire. Il est donc nécessaire d’envisager la création d’emploi susceptible de résorber le chômage des jeunes qui est à l’origine de l’exode rural et de la délinquance juvénile.

Un centre administratif récent sous l’influence du rail

La localité de Demba se distingue aujourd’hui comme un centre avant tout administratif et commercial, où le trafic ferroviaire demeure relativement modeste. Elle conserve les caractéristiques d’un simple « poste », bien que son développement actuel dépende étroitement de la présence du chemin de fer.



Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il ne s’agit pas de l’extension de l’ancien centre missionnaire catholique fondé en 1908. La mission historique, implantée dans un relief peu favorable aux infrastructures ferroviaires, est restée isolée. La nouvelle gare, elle, a été établie à environ quatre kilomètres plus au sud, dans une zone plus accessible.

C’est autour de cette gare que s’est constitué le noyau commercial de Demba, au fil de l’installation de commerçants le long de la route principale. Une dynamique accentuée par une réforme administrative récente qui a élevé cette nouvelle agglomération au rang de chef-lieu territorial.

Le poste administratif, fraîchement créé, affiche un urbanisme ambitieux : ronds-points bien tracés, larges pelouses, et plan d’aménagement régulier. Mais la réalité est plus modeste : ces espaces soigneusement dessinés restent pour l’instant largement inoccupés.

Le seul secteur réellement animé se concentre à proximité immédiate de la gare, le long de la route, où se trouvent les boutiques, les comptoirs de commerce et quelques habitations. Le reste du poste attend encore sa véritable mise en vie.

CAID, avec Bena-Luluabourg.com