Luluabourg
Luluabourg
Entre mémoire, géographie et mutation urbaine
L’immeuble Immo-Kasaï
et l’hôtel Atlanta (aujourd’hui Grand Hôtel de Kananga)|Photo : Droits tiers
Luluabourg, aujourd’hui connue sous le nom de Kananga, s’est
imposée comme la grande ville du Kasaï central, sans pour autant ressembler aux
autres capitales régionales du Congo. Ni adossée à un fleuve comme Kinshasa ou
Kisangani, ni érigée sur des gisements miniers comme Kolwezi ou Likasi, la
ville s’étend sur un plateau sablonneux, à l’écart des voies navigables. Son
développement tardif, comparé à d’autres agglomérations coloniales, n’en est
pas moins marqué par une riche histoire, parfois méconnue.
Aux origines de
Luluabourg : Malandji et l'empreinte coloniale
La première trace du nom « Luluabourg » remonte à 1884, avec
la fondation du poste d'État à Malandji par l’explorateur allemand Hermann von
Wissmann pour le compte du roi Léopold II. Située sur une colline surplombant
la Lulua, cette station servit de point d’appui aux explorations vers le Kasaï,
le Sankuru et le Katanga. C’est aussi là qu’en 1890, une caravane lancée depuis
Luluabourg fonda Lusambo.
Ce poste précoce doit beaucoup à la croyance locale dans le retour des Bajangi – les ancêtres – que les populations assimilèrent aux premiers Européens. Le chef Kalamba Mukenge, figure prophétique et habile stratège, joua un rôle déterminant dans cette dynamique. Sa rencontre avec le Dr Pogge en 1875, qu’il désigna comme son frère revenu d’au-delà, scella une série de contacts avec les colons. La fameuse « Pogge Station » fut ainsi le premier point d’ancrage européen dans la région.

L’ancien hôpital des
Européens, aujourd’hui la division provinciale de l’Enseignement primaire et
secondaire dans la commune de Kananga, en face du bureau de la SNCC )|Photo : Droits tiers
De la mission à la
ville : un brassage humain complexe
La région devint rapidement un centre de brassage culturel
et ethnique. À la mission catholique fondée en 1891 à Mikalayi (Saint-Joseph de
Luluabourg), vinrent s’ajouter des groupes de porteurs, d’esclaves affranchis,
de soldats – mais aussi des populations Basonge venues de Kabinda à la faveur
des campagnes militaires.
Mais Luluabourg fut aussi marquée par des épisodes de
violence. En 1895, la garnison batetela se mutina, tuant les officiers
européens et ravageant la région jusqu’à sa répression par les forces
coloniales. Le chef Kalamba, jusque-là allié des Blancs, se retourna contre eux
avant de se soumettre au début du XXe siècle.
Luluagare :
l’émergence du nouveau centre urbain
L’histoire bascule en 1925. Cette année-là, les
terrassements du chemin de fer BCK (Bureau du Chemin de fer du Katanga)
entament la mutation du paysage. Sur un plateau proche du village de Kananga,
le nouveau site ferroviaire attire commerçants portugais et belges, bientôt
rejoints par les militaires, missionnaires et services coloniaux. Le nom de «
Luluagare » s’impose progressivement, reléguant Malandji à l’oubli.
Le roi Albert Ier y fait escale en 1928. La Sabena aménage
une piste d’atterrissage. Une dizaine d’Européens s’y installent durablement.
En 1931, le centre administratif est déplacé à proximité de la gare, prélude à
une urbanisation accélérée.
Une ville-champignon
au relief contraignant
Le relief particulier de Luluabourg – un plateau de sable
entaillé de profonds ravins – oblige les urbanistes coloniaux à repenser les
infrastructures. Interdiction de bâtir dans les zones érosives, travaux de
canalisation, escaliers bétonnés pour canaliser les eaux de ruissellement : la
ville naît dans la contrainte mais se structure progressivement. En 1933,
contre l’avis d’une partie des élites économiques, le chef-lieu du Kasaï est
fixé à Lusambo. Une décision qui suscite une forte mobilisation en faveur de
Luluabourg.
L'accélération de
l’histoire : guerre mondiale et capitale provinciale
La Seconde Guerre mondiale marque une nouvelle étape. Un
vaste camp militaire est érigé, ainsi qu’un centre d’instruction pour les
Européens. En 1949, Luluabourg devient enfin chef-lieu de la province du Kasaï.
Sous l’impulsion du gouverneur Peigneux, la ville connaît un développement
fulgurant : lotissements, avenues, infrastructures d’eau, établissements
scolaires… Entre 1947 et 1952, le nombre de permis de bâtir explose,
accompagnant une urbanisation tous azimuts.
Une ville en mutation
permanente
Luluabourg ne cesse de se transformer. Chaque année apporte son lot de nouveaux quartiers, de migrations et de constructions. Les anciens villages sont expropriés pour laisser place à la cité indigène ou à de nouvelles zones industrielles et commerciales. La ville s’affirme comme un centre régional incontournable, à la croisée des chemins entre passé colonial, dynamisme économique et transformations sociales.

La résidence du
gouverneur au début des années 50|Photo : Droits tiers
Et si aujourd’hui Kananga a remplacé Luluabourg, le nom
ancien continue de résonner dans les mémoires comme une ville forgée à la fois
par l’histoire, la foi, le rail et les ravins. le nom de Luiuabourg rappelle
toujours l’âge d’or, contrairement à Kananga qui symbolise la déchéance qui
part de l’ère Mobutu jusqu’à ce jour.
Née d’une conjonction historique et géographique singulière,
la ville conserve l’empreinte visible d’une croissance urbaine articulée. Loin
d’un développement organique autour d’un noyau central, elle s’est construite
par morceaux, au gré des impératifs du rail, des besoins de l’administration
coloniale et des ségrégations sociales et spatiales héritées de l’époque belge.
Une ville sans centre
: entre fragmentation et cloisonnement
Kananga a connu un rôle structurant – voire contraignant –
du chemin de fer. Traversant la ville de part en part, le rail, antérieur à la
plupart des constructions urbaines, est devenu une fracture physique et sociale
entre les différentes zones.
Sur le plateau nord de la voie ferrée s’étend le quartier
commercial historique, avec ses magasins de traite d’allure ancienne, les anciens
hôtels européens, sa poste, sa banque et sa tour emblématique du château d’eau,
le premier du pays. Pendant l’époque coloniale, des commerces portugais s’y adressaient
spécifiquement à la clientèle africaine. On y trouvait également un quartier
résidentiel européen qui va des alentours de la cathédrale jusqu’au quartier
Bianchy, des écoles religieuses et les bureaux territoriaux, ainsi qu’une zone
industrielle qui regroupait quelques infrastructures : brasserie, minoterie,
atelier mécanique, pour la plupart à l’arrêt aujourd’hui.
Les quartiers
africains : relégués mais dynamiques
Cantonnés à la périphérie, les quartiers africains, aussi
appeléd cités par les Congolais, sont strictement séparés des zones huppées
anciennement européennes. Cités indigènes, camp militaire, camp SNCC… cette
zone d’habitat populaire s’est développée selon un plan en damier plus aéré que
celui de Léopoldville, sans l’anarchie des bidonvilles. Toutefois, malgré cette
organisation apparente, la ville indigène reste fragile, sous-équipée et
structurellement dépendante du centre villel.
Les anciens villages périphériques, désormais intégrés au
tissu urbain, se sont transformés en véritables faubourgs, notamment le long de
la route de Kanioka et à Lukonga. Ce phénomène témoigne de l’attractivité
croissante de la ville, malgré l’absence de planification concertée.
Une population en
croissance rapide
En 1952, Luluabourg comptait 1 441 habitants européens,
contre seulement 800 deux ans plus tôt. Une progression spectaculaire qui
s’explique par son statut de chef-lieu provincial depuis 1949. Les hommes
représentaient 526 personnes, contre 411 femmes et 504 enfants. La population
active (563 personnes) est majoritairement composée de fonctionnaires et de
militaires, avec 238 employés de la Colonie. La ville s’affirme alors également
comme un important centre commercial régional, avec près de 100 entreprises
européennes, dont de nombreuses d'origine portugaise, grecque ou italienne.
Les lignes routières et aériennes qui rayonnent depuis la
gare et l’aérodrome renforcent cette centralité régionale. Luluabourg assure à
elle seule 66 % du commerce contrôlé par la Banque du Congo belge dans toute la
province du Kasaï.
Du côté de la population noire, le développement est tout aussi
impressionnant : la cité indigène est passée de 1 500 habitants en 1941 à 14
000 en 1951. En y incluant les camps et villages satellites, la population
urbaine dépasse probablement les 25 000 personnes.
Une ville entre deux
mondes
Kananga est le reflet d’un double déséquilibre : celui entre
une ville huppée au centre-ville et à Kananga II, planifiée, et une cité
africaine en auto-organisation, et celui d’un urbanisme moderne greffé sur des
logiques traditionnelles. Le rail, les camps, l’absence d’infrastructures
adaptées au commerce local témoignent de cette fracture.
Aujourd’hui encore, le visage de Kananga, à la fois
administratif, militaire et commercial, se transforme sans cesse. Mais cette
modernisation reste incomplète, tant qu’un modèle intégré d’urbanisme ne
viendra pas résorber les inégalités héritées du passé colonial.
Longtemps perçue comme le cœur palpitant du Kasaï,
Luluabourg – aujourd’hui Kananga – a connu une histoire économique aussi
brillante que déclinante. Sous la colonisation comme après l’indépendance, la
ville a porté les ambitions industrielles et commerciales de toute une région,
avant d’être progressivement reléguée à la périphérie du développement
national.
Luluabourg, une ville
pétrie d’histoire
Luluabourg... Ce nom résonne encore dans les couloirs de la
mémoire congolaise, comme une page essentielle dans le grand livre de la
nation.
Ville rouge de poussière et de courage, elle fut jadis le
théâtre d’espoirs brisés, de luttes ardentes, et de décisions fondatrices. C’est
ici, au cœur du pays Lulua, que s’est jouée une partie de l’âme du Congo
naissant.
Dans les dernières années du XIXe siècle, alors que le Congo
n’était encore qu’un territoire sous le joug brutal de l’État Indépendant du
Congo, une voix s’est levée, puissante, farouche, et inoubliable : celle des
Batetela, peuple du centre-est congolais, soldats enrôlés de force dans les
rangs de la Force Publique —et dont la fierté refusait de se dissoudre dans la
servitude.
À Luluabourg, en 1895, le feu de la révolte jaillit. Tout
commence par une injustice : l’exécution de plusieurs chefs Batetela accusés de
trahison, alors qu’ils n’étaient que victimes d’une politique coloniale de
division et de peur.
Le sang versé alluma la colère. Les Batetela, aguerris,
disciplinés, mais humiliés, se retournèrent contre leurs commandants belges.
Ce fut l’une des plus grandes insurrections militaires
contre le régime colonial.
De Luluabourg jusqu’aux territoires de l’actuel Sankuru, les
révoltés tinrent tête à la Force Publique pendant plusieurs années. Ils
combattaient pour un idéal : reprendre ce qu’on voulait leur arracher :
l’honneur, la terre, la liberté.
Quand les Batetela se sont soulevés, brûlant de colère et de
dignité bafouée, les tambours ont parlé jusqu’aux confins de la savane. Et à Kempe,
village d’hommes libres, on a entendu l’appel. Les chefs Lulua se sont
rassemblés, les yeux fixés sur l’horizon. Ils savaient que ce n’était pas
seulement une guerre, mais une insurrection contre la honte, une bataille pour
l’âme de tout un peuple.
Alors les hommes de Kalamba ont pris les armes, non pas pour
conquérir, mais pour rejoindre une cause qui les dépassait. Ils ont quitté
leurs maisons, leurs familles, et marché au rythme des Batetela insurgés, vers
Luluabourg, vers Sankuru, vers l’histoire.
La révolte fut réprimée dans le sang, mais elle ne fut
jamais oubliée. Car dans cette résistance, dans cette insubordination farouche,
le Congo naissant trouvait déjà les premières étincelles de son esprit de
lutte.
Aujourd’hui encore, à Luluabourg — devenue Kananga — le sol
se souvient. Et les descendants de ces hommes debout gardent dans les yeux la
flamme de ceux qui, un jour, ont osé dire non.
C’est également dans la capitale du Kasaï central que les
leaders nationalistes congolais se sont réunis pour la première fois pour
harmoniser leurs visions de la démarche politique et réclamer l’indépendance.
Cela s’est passé au congrès de Luluabourg (7-12 avril 1959) qui avait vu
les partis M.N.C. de Patrice Lumumba, Joseph Ileo et Albert Kalonji, Union
Congolaise d’Alphonse Ilunga, P.D.C., P.U.C., P.N.C. et Mouvement national pour
la protection des milieux ruraux) réclamer un gouvernement congolais en janvier
1961 avec élections au suffrage universel.
En 1964, Luluabourg devient le siège de la Commission
constitutionnelle, réunissant les forces vives du jeune État indépendant. C’est
dans cette ville que naît la première Constitution de la République
démocratique du Congo, adoptée en août 1964 : la Constitution de Luluabourg, un
acte de volonté et de souveraineté.
Mais Luluabourg fut aussi le témoin de douleurs profondes,
ravagée par les conflits ethniques entre Lulua et Baluba-Lubilanji, deux
communautés sœurs, appartenant au même peuple Luba, dès les années 1959-1960,
alors que l'indépendance approchait. Les tensions, attisées par le colon
diviseur, éclatèrent en violences, laissant des cicatrices dans les cœurs et
les mémoires, mais forgeant aussi une résilience qui aujourd’hui encore irrigue
l’esprit kasaïen.
Une effervescence
industrielle à l’époque coloniale
Sous l’administration coloniale belge, Luluabourg a vu
s’implanter un tissu industriel et commercial d’une densité rare pour une ville
de l’intérieur. La Brasserie du Kasaï en était le fleuron, aux côtés des
minoteries Amato et Frères, fondées par deux frères juifs venus du Katanga.
Dans les services, la ville comptait notamment la Messagerie automobile du
Sankuru (MAS) dans le secteur du transport, et la CEGEAC, concessionnaire
exclusif des véhicules américains Mercury, Ford et Lincoln.
L’offre hôtelière témoignait elle aussi d’un dynamisme
remarquable : Atlanta, Elite Bar, Le Pax ou encore Palace accueillaient
voyageurs, commerçants et cadres coloniaux dans une ambiance cosmopolite et
bien entretenue. La ville proposait à ses habitants un train de vie moderne,
rare en dehors des grandes métropoles congolaises de l’époque.
L’indépendance et les
premières secousses
L’année 1960 marqua un tournant décisif. Le départ massif
des Européens à la suite de l’indépendance ébranla les fondations économiques
de la ville. Plusieurs entreprises furent désertées, les chaînes logistiques
interrompues, et les capitaux retirés. Luluabourg entra alors dans une période
d’incertitude.
Cependant, sous la Deuxième République et malgré les effets
controversés de la zaïrianisation, la ville réussit à maintenir un semblant de
redressement. De nouvelles unités industrielles virent le jour, comme la
SAVINKAS et Alhadjeim, qui produisaient du savon, ou encore les minoteries
SIAKAS et Mande Tshombe. L’Église catholique elle-même investit dans
l’agroalimentaire avec la biscuiterie soja Kasaï (BISOKA).
L’eldorado du diamant
L’essor des comptoirs d’achat de diamants dans les années
1970 et 1980 apporta un nouvel élan à la ville. Sediza, Afridjam ou encore le
célèbre Harry Winston of New York établirent des antennes locales, attirant
orpailleurs, négociants et opérateurs économiques dans un flux d’activités qui
fit brièvement de Kananga un véritable carrefour de richesse minérale.
Ndesha, le quartier
qui ne dormait jamais
À cette époque, la ville rayonnait aussi par sa vie
nocturne. La commune de Ndesha était l’épicentre de la fête : bars élégants,
musique live et ambiance populaire s’y côtoyaient dans une ferveur qui tenait
presque du mythe. Le centre-ville concentrait les boîtes de nuit les plus
prisées : Le Point au Grand Hôtel, La Zaïroise juste en face, La Frégate au
Diab’s Hôtel, et Les Canaries à l’Hôtel Hocentshi. C’était l’âge d’or d’une
ville sûre d’elle, culturellement vivante, économiquement vibrante.
La descente aux enfers
Mais cette prospérité était fragile. À partir des années
1990, les premières failles apparurent : les difficultés d’approvisionnement en
carburant, vital pour la centrale thermique de la ville, plongèrent
progressivement Kananga dans l’obscurité. Sans électricité, les entreprises
cessèrent de fonctionner les unes après les autres. Le tissu économique
s’effondra, laissant place à un marasme profond, dont la ville ne s’est jamais
véritablement remise.
Aujourd’hui, Kananga garde les cicatrices de cette grandeur
passée. Les structures sont là, les souvenirs aussi. Mais sans politiques
publiques de relance adaptées, sans infrastructures énergétiques fiables, la
ville reste en retrait d’un Congo qui, ailleurs, regarde vers l’avenir.
Une renaissance en
marche : Kananga, entre résilience et ambition
Contre toute attente, Kananga renoue peu à peu avec
l’espoir. Malgré les nombreuses difficultés – carence d’électricité chroniques,
absence d’eau courante, routes impraticables – la ville connaît une forme de
réveil portée par ses propres fils et filles. Une dynamique locale, presque
souterraine, tente de redonner souffle à cette ancienne capitale régionale.
Une nouvelle vague
d’investissements privés
À l’initiative d’entrepreneurs locaux, de nouveaux hôtels de
bon standing voient le jour. Monde Arabe 1 et 2, Quin Med, Douze Maisons, Ekaf,
Fleur de Lys... Ces établissements, modernes et bien équipés, redonnent au
paysage urbain une touche d’élégance et de modernité.
L’avenue Lulua, l’une des principales artères de la ville,
se transforme. De nouveaux bâtiments à étages s’élèvent sur ses flancs, ainsi
qu’au cœur du centre-ville. Ces constructions, bien que parfois érigées dans un
contexte d’infrastructures fragiles, symbolisent la résilience d’une ville qui
refuse de sombrer dans l’oubli.
Le rêve d’un
désenclavement stratégique
Mais pour que ce sursaut local se transforme en véritable
relance régionale, Kananga attend deux gestes forts : la construction de la
centrale hydroélectrique de Katende ainsi que le bitumage de la route
Kananga-Kalambambuji. Ce tronçon stratégique, s’il venait à voir le jour,
relierait la province à l’Angola et, au-delà, à l’ensemble des ports d’Afrique
australe.
Ce projet d’envergure pourrait non seulement désenclaver
tout le Kasaï central, mais aussi faire de Kananga un point d’échange
commercial vers le Sud, en rupture avec le schéma historique tourné vers
Kinshasa ou Lubumbashi. Dans cette optique, la ville se prépare, s’adapte, et
parie sur l’avenir avec un courage têtu.
L’espoir comme moteur
Kananga n’a peut-être pas encore retrouvé sa splendeur
d’antan, mais la volonté de reconstruction est bien là. Alimentée par une
jeunesse entreprenante, soutenue par une société civile active, et entretenue
par la mémoire d’un passé glorieux, la ville écrit peu à peu les premières
lignes de sa renaissance.
Car au Kasaï, plus qu’ailleurs peut-être, l’histoire
enseigne que rien n’est jamais totalement perdu. Et que l’espoir, même cabossé,
reste le plus solide des fondements pour reconstruire l’avenir.
Sharon MUJINGA