TERRITOIRE DE : Dibaya : au cœur des traditions et des espoirs du Kasaï

Image du territoire Dibaya : au cœur des traditions et des espoirs du Kasaï

Section I : Identification du territoire

 


IDENTIFICATION

- Nom du territoire : Dibaya
- Chef-lieu : Dibaya
- Superficie : : 7 605 Km2
- Téléphone : +243 991 888 245
- E-mail: jirege@caid.cd
- Population :1 186 168 habitants
- Densité moyenne : 155,9 hab/km2

 

Carte administrative

 

Section II : Données géographiques, administrative et particularités du territoire

Historique

Le Territoire de Dibaya fut créé par l’Ordonnance n°168/2 du 28 novembre 1913 de l’Administration générale du Congo Belge.

Coordonnées géographiques

Le Territoire de Demba est situé à 815 mètres d’altitude, sa longitude est de 6° 29′ Sud et sa latitude est de 22° 21′ 57’ Est.

Le Territoire est limité :

Au Nord : par le Territoire de Demba;

Au Sud : par le Territoire de Luiza ;

A l’Est : par les Territoires de Kabeya-Kamuanga, Miabi et Kamiji ;

A l’Ouest : par le Territoire de Kazumba.

Sol, climat, relief et hydrographie

Le Territoire de Dibaya compte quatre types de sols notamment : sol argileux, sol sablonneux, sol sablo-argileux et sol limoneux apte à l’agriculture. Sa végétation est diversifiée et possède une savane entrecoupée des forêts galeries. Il existe également les savanes herbeuses constituant les principales réserves pastorales et agricoles des agriculteurs et éleveurs autochtones.

Du point de vue climatique, le Territoire se trouve dans une région dominée par le climat tropical humide avec alternance de deux saisons dont : la saison de pluie qui est la plus longue avec 8 mois des pluies (de fin Août ou début Septembre au mois d’Avril) et la saison sèche avec environ 4 mois (de Mai à Août).

Les précipitations moyennes annuelles sont comprises entre 1400 et 1600 mm d’eau. La température moyenne se situe dans l’intervalle de 20°à 22°C. Le relief du Territoire est constitué des plateaux et des plaines.

En ce qui concerne l’hydrographie, le Territoire est traversé par des nombreux cours d’eau parmi lesquelles nous citons :

La Lulua, la plus grande rivière qui baigne Dibaya, le sépare du Territoire de Kazumba à l’Ouest et celui de Luiza au Sud ;

La Moyo tire sa source dans le secteur de Tshishilu ;

La Lukula tire sa source dans les secteurs de Kasangidi et Dibataie ;

La Lubi sépare le Territoire de Dibaya du Territoire de Miabi (Kasaï Oriental) ;

La Lukeshi dans le secteur de Tshishilu ;

La Muanza Ngoma passe au Nord du Territoire, formant les limites entre le Territoire de Dimbelenge et Dibaya.

Subdivision administrative

Le Territoire de Dibaya est subdivisé en cinq secteurs notamment les secteurs de Kamuandu, Dibataie, Kasangidi et Tshishilu.

Particularités du territoire

La particularité du Territoire de Dibaya est le grand nombre des rivières qui le traverse. Elles sont au-delà de 40 et nécessitent la construction des ponts sur presque toutes ses routes. C’est un Territoire où le vélo détient le monopole du transport des marchandises avec leurs conducteurs nommés localement Bayanda, les véhicules y étant rarissime. Le diamant constitue une première richesse minière et est exploité de manière artisanal. Le Territoire produit des boissons alcoolisées communément appelées tshitshiampa.

Section III : Vue socioéconomique du territoire

Les grandes entreprises, localisation et secteurs d’activités

Du point de vue économique, le Territoire de Dibaya ne dispose pas de grandes entreprises en termes de capital et nombre d’employés. L’on peut y signaler par ailleurs les représentations de la REGIDESO et la SNCC qui sont des entreprises du portefeuille de l’Etat Congolais dont le personnel permanant et temporaire n’a jamais dépassé 10. Habituée à utiliser l’eau des sources, la Population consomme rarement l’eau distribuée par la REGIDESO.

Quant à la SNCC, cette société a connu plusieurs difficultés ces dernières décennies suite à la vétusté des locomotives ainsi que du chemin de fer. Ce dernier, qui suite à son délabrement très avancé, enregistre régulièrement des déraillements.

Les institutions bancaires n’existent pas dans le Territoire. Signalons néanmoins l’existence des industries traditionnelles spécialisées dans la production de l’huile de palme et la boisson alcoolisée.

Généralement, les personnes utilisent régulièrement la moto et le vélo comme moyen de transport et approvisionne le centre urbain en produits agricoles et ramènent vers le Territoire les produits manufacturés et autres produits pétroliers ou vestimentaires.

Principales zones de concentration d’activités économiques et défis majeurs

Les zones où il y a concentration des activités économiques dans le Territoire de Dibaya sont surtout dans les grands centres, dans les marchés de consommation des biens courants où les lieux d’échange entre vendeurs et acheteurs de produits agricoles et autres se font. Parmi ces grands centres, nous pouvons cités : Tshimbulu, Bunkonde, Lubondaie, Kamponde, Tshikula, Dibaya, Fuamba, etc.

Le plus grands défis à relever ici est la difficulté pour ces communautés d’interagir entre eux et d’effectuer des échanges commerciaux suite aux problèmes de moyens de transport et la mauvaise qualité des voies d’accès.

Principales infrastructures économiques et défis

Les principales infrastructures économiques du Territoire sont entre autres le chemin de fer qui se trouve au Nord-Sud du Territoire, la route national RN n°40 qui est parallèle à ce chemin de fer ainsi que d’autres routes d’intérêt provinciales et les routes de desserte agricoles. Malheureusement, toutes ces infrastructures sont impraticables et se trouvent en état de délabrement très avancé.

Répartition des activités par secteurs d’activités économiques

TERRITOIRE DE DIBAYA

POURCENTAGE

Agriculture et élevage

70

commerce général

10

Métiers informels

8

travail salarié

10

autres

2

Total

100

 

De la production locale

Les produis locaux qu’on trouve à Dibaya sont entre autres : Maïs, Manioc, Riz, Niébé, Taro, Pistache, Huile de palme, Boisson alcoolique à base de maïs (Tshithampa), Farines de maïs et le manioc à l’aide des moulins ordinaires.

Section IV : Brève présentation des données sectorielles

Situation sanitaire

Le Territoire de Dibaya compte 4 zones de santé, 6 Hôpitaux Généraux de Référence, 67 centres de santé et 2 centres de santé de référence.

Les Maladies récurrentes sont : Paludisme ; les infections respiratoires aigües ; la diarrhée ; la malnutrition ; l’anémie.

Profil épidémiologique

Les informations recueillies auprès des services de santé renseignent que le paludisme, les infections respiratoires aigües et les maladies hydriques (diarrhée et le cholera) sont les causes de la forte morbidité et mortalité dans la zone.

Agriculture et défis de développement rural

PRODUCTION VIVRIÈRE

PRODUCTION PÉRENNE

PRODUITS

BASSIN DE PRODUCTION

PRODUITS

BASSIN DE PRODUCTION

Maïs

Non signalé

Palmier à Huile

Non signalé

Niébé

Non signalé

Riz paddy

Non signalé

Arachide

Non signalé

 

Défis du développement du secteur

Malgré les efforts louables des acteurs sur terrain (ONGD et agents de l’Etat concernés) de sensibiliser la Population à cultiver le champ. La production reste faible sur la grande partie des surfaces cultivées suite aux sols décrétés pauvres et à la difficulté d’accès aux intrants agricoles adéquats divers (produits phytosanitaires, fertilisants, et les outils modernes de travail du sol, semences améliorées et/ou certifiés, etc.). Egalement, le feu de brousse par-ci par-là dans les savanes qui brule toute la matière organique affecte sensiblement la productivité du sol.

Enfin, l’effectif de la majorité des fermiers et agriculteurs regroupés en Organisations paysannes n’est pas maîtrisé. Cette situation pousse certains bailleurs des fonds à minimiser les risques et obligent ces derniers à refuser d’injecter des gros moyens financiers dans un secteur à connotation informelle.

Education

Le Territoire compte 5 sous divisions éducationnelles, qu’à cela ne tienne nous ne disposons que les données de 3 sous divisions

ENTITÉ

SOUS-DIV. EDUCATIONNELLES

TOTAL ECOLES PRIMAIRES

TOTAL ECOLES SECONDAIRES

TOTAL ECOLES

Dibaya

Dibaya 1

219

105

424

Dibaya

Dibaya 2

188

119

307

Dibaya

Dibaya 3

125

75

200

 

Les principales institutions d’enseignement supérieur et universitaire du Territoire sont :

-        Université Saint Joseph de Kamutanga (UNISKAM) ;

-        Institut Supérieur de Développement Rural de Tshimbulu (ISDR/Tshimbulu) ;

-        Institut Supérieur Pédagogique de Tshikula (ISP/Tshikula) ;

-        Institut Supérieur d’Etudes Agronomiques de Kamponde (ISEA/ Kamponde) ;

-        Institut Supérieur de Techniques Médicales (de Tshimbulu (ISTM Tshimbulu).

Environnement et enjeux de développement durable

Le Territoire de Dibaya dispose d’une flore diversifiée et une faune caractérisée par plusieurs espèces telles que :

Espèces phares (faune) : Singes, Antilopes rouges, Crocodiles, Boa, etc. ;

Espèces phares (flore) : Mukulumbwa.

Energie et accès à l’eau

Mise à part les lignes d’INGA qui transportent le courant vers la Ville de Kananga, la SNEL ne dispose pas d’autres installations ni adresse administrative.

En ce qui concerne la REGIDESO, cette dernière dispose d’une usine de traitement d’eau ainsi que d’un bureau en son sein.

Malgré la présence de cette usine dont le réseau de distribution est limité à Tshimbulu, l’accès à l’eau potable est très faible et il est assuré en grande partie par les sources d’eau aménagées et forages dans quelques grands centres.

Quant à l’énergie, les quelques personnes qui y accèdent, sont servies par des groupes électrogènes privés, des exploitants revendeurs de courant ou soit disposent des installations solaires.

Déficit infrastructurel et niveau d’inter connectivité des réseaux locaux

La route nationale n° 1 (Matadi-Kasumbalesa) est deviée en route nationale RN1 qui passe par le Territoire de Dibaya (à 130 km, de Kananga jusqu’au bureau du Territoire à Dibaya centre). Cette dernière est une grande opportunité de désenclavement du Territoire et d’approvisionnement en vivres mais est moins fréquentée par les véhicules suite à son état très critique. Le voyage y est possible, sauf que certains endroits ont été détruits par les érosions et l’accumulation d’importantes quantités de sable rendant ces portions de la route en mauvais état. En effet, bon nombre des routes vers le Territoire de Dibaya sont en mauvais état et le reste en moyen état.

De manière générale, il n’y a pas des routes coupées à Dibaya hormis quelques voies de desserte qui servent de raccourci aux Bayanda et autres passagers à l’instar de celle allant vers Kananga qui est coupée à Minkidimbwa, Lunyenye et Kapalula, trois rivières qui désormais sont pourvues des ponts qui laissent à désirer (une partie en bois, une partie en fer, etc.). Signalons également l’état de délabrement avancé du pont Kabujana à la rivière Kabujana à environ 3 Km de Dibaya centre sur la route Dibaya-Mbujimayi. Il y a également le pont Lukula vers la Mission catholique de Bunkonde sur la route Tshishilu-kasangidi qui oblige le contour des engins lourds. Nous ne pouvons pas ne pas parler de la limite entre Dibaya et Luiza sur la Lulua où la traversé se réalise à l’aide des pirogues qui transportent les hommes et les marchandises sans oublier leurs moyens de transport (moto, vélo) à la place des bacs qui effectuent ce travail dans d’autres contrées.

Quant au Chemin de Fer, la ligne Ilebo-Sakanya, la plus longue d’Afrique a dans le Territoire des gares à Tshimbulu, à Bitanda, à Lwekeshi, à Mutefu, à Kaulu, à Kalumba, à Lubu, à kamponde. C’est une voie d’accès considérable car un marché se crée tous les jours au passage du train aux différentes gares prévues, pendant que le train libère les produits et passagers d’ailleurs, embarquant ceux sur place. Néanmoins, le passage du train reste rare et dispose d’un programme imprévisible pourtant la Population y donne une très grande considération. Cette réhabilitation réduirait également des cas d’accidents qui surviennent sur les chemins de fer pour renforcer la sécurité dans le transport des biens et des personnes.

Section V : Projet de développement en cours

Projet du gouvernement central

Dans le cadre de PDL 145 Territoires initié par le Gouvernement central, il est prévue la construction des écoles, des centres de santé, la réhabilitation et entretien des routes de dessertes agricoles, la construction des forages avec bornes fontaines, des bâtiments administratifs et logement ainsi que l’appui en intrants agricoles, l’accompagnement et la professionnalisation des producteurs agricoles des filières porteuses.

Projets mise en œuvre par les partenaires au développement

Notons ici, les interventions du fonds social de la RDC avec le financement de la Banque mondiale qui est intervenu dans la construction de plusieurs écoles, hôpitaux et forage dans le territoire.

Section VI : Défis majeurs pour le développement de Territoire

La vétusté des infrastructures de transport (rail, route, bac) est un véritable frein pour le développement de ce Territoire.

Des initiatives locales de développement

Sur ce plan, l’on peut signaler quelques actions des ONG et coopératives locales qui ont pris conscience de la pauvreté qui règne dans ce Territoire et ont par conséquent décidé de mettre leurs efforts ensemble pour apporter leur contribution au développement à travers les travaux dans l’agriculture, dans la promotion de l’éducation, VBG et autres selon leurs possibilités financières.

Section VII : Atouts et opportunités de développement du Territoire

Dotation en ressources naturelles

La desserte en semences améliorées serait un déterminant de la production agricole satisfaisante. Dans le secteur de KAMWANDU se trouve un Centre Agricole de Production des Semences améliorées œuvrant depuis l’époque coloniale ayant dans sa mission la distribution de semences de qualité aux agriculteurs. Un appui régulier à ce centre contribuerait à la résolution du problème des semences, un élément important dans processus de production agricole. La production du palmier à huile, une activité rentable et de production à long terme contribuerait dans la fabrication des savons et nombreux autres produits. L’appui à élevage, une activité génératrice des revenus est considérable.

La réorganisation du transport par train sans lequel le Territoire serait quasiment enclavé faciliterait l’approvisionnement en produit rares et/ou cher au Territoire (habits, souliers, poissons salés et séchés, carburants, papeterie, bière,…). La réhabilitation des routes faciliterait la circulation des personnes et leurs marchandises. La dotation des Bacs au Territoire de Dibaya faciliterait le trafic entre Dibaya et les autres Territoires.

L’octroi d’un financement à la REGIDESO faciliterait une distribution régulière de l’eau potable partout pour la santé de tous. L’aménagement des sources d’eau renforcerait la fourniture en eau potable. Le manque d’électricité constitue un frein à l’essor économique du Territoire. Sa réhabilitation occasionnerait la création des unités de transformation et autres activités génératrices des revenus.

De la démographie et capital humain

La population de Dibaya est composée en majorité de Baluba du Kasaï (Bena Lulua), avec une minorité des Bakete à Kamponde. Le Territoire de Dibaya est potentiellement riche en produits agricoles tels que le maïs, les arachides, le manioc, le haricot, le niébé, le riz, etc. L’entretien des routes de desserte agricole dans les Secteurs ruraux les plus productifs, la réhabilitation des principaux axes routiers provinciaux et nationaux, l’élevage, l’implantation des entreprises d’exploitations agricoles, le développement de cultures et la mise en place des greniers agricoles s’avère nécessaire car il y aurait des grandes productions de ces produits pouvant servir à la consommation des paysans et pour la commercialisation à grande échelle et aussi de la création d’emplois.

Le Territoire possède plusieurs cours d’eaux importants dont les activités des pêches y sont très fréquentes pour approvisionner la population en poisson dans le Territoire.

L’encadrement de plus de 73% des jeunes du Territoire par les biais de la construction et l’assainissement des infrastructures scolaires et universitaires, misant sur une bonne formation afin de prévoir une main d’œuvre qualifiée en capital humain.

Tshimbulu, plaque tournante du transit intérieur

Tshimbulu, deuxième ville du Kasaï central, joue un rôle logistique clé dans l'acheminement des produits agricoles en provenance des régions rurales vers les villes de Kananga et de Mbuji-Mayi À son arrivée à la gare, le chargement — essentiellement composé de vivres et de produits agricoles — est immédiatement pris en charge par une entreprise privée de transport, née sur place et spécialisée dans la livraison locale. Mais le train est devenu rare, réduisant sensiblement la vivacité de la vie économique de Tshimbulu.

Le paysage bâti de Tshimbulu reste modeste. Hormis les logements du cantonnier de la SNCC et de l’agent territorial, l’essentiel des constructions se compose de magasins et d’habitations de commerçants. Une populaire en pleine expansion s’étend progressivement au sud-ouest de la localité.

Plus loin, Kamponde, autre gare d’importance modérée, constitue le terminus d’une route stratégique reliant Luiza et Kapanga. Cette voie permet d’atteindre, à proximité du chemin de fer, de vastes exploitations agricoles européennes. Si Kamponde vit du transit, la localité reste peu développée, avec seulement quelques habitations éparses.

CAID, avec Bena-Luluabourg.com