TERRITOIRE DE : Dibaya : au cœur des traditions et des espoirs du Kasaï
Section I :
Identification du territoire
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- Nom du territoire : Dibaya |
Carte administrative
Section II : Données
géographiques, administrative et particularités du territoire
Historique
Le Territoire de Dibaya fut créé par l’Ordonnance n°168/2 du
28 novembre 1913 de l’Administration générale du Congo Belge.
Coordonnées
géographiques
Le Territoire de Demba est situé à 815 mètres d’altitude, sa
longitude est de 6° 29′ Sud et sa latitude est de 22° 21′ 57’ Est.
Le Territoire est limité :
Au Nord : par le Territoire de Demba;
Au Sud : par le Territoire de Luiza ;
A l’Est : par les Territoires de Kabeya-Kamuanga, Miabi et
Kamiji ;
A l’Ouest : par le Territoire de Kazumba.
Sol, climat, relief
et hydrographie
Le Territoire de Dibaya compte quatre types de sols
notamment : sol argileux, sol sablonneux, sol sablo-argileux et sol limoneux
apte à l’agriculture. Sa végétation est diversifiée et possède une savane
entrecoupée des forêts galeries. Il existe également les savanes herbeuses
constituant les principales réserves pastorales et agricoles des agriculteurs
et éleveurs autochtones.
Du point de vue climatique, le Territoire se trouve dans une
région dominée par le climat tropical humide avec alternance de deux saisons
dont : la saison de pluie qui est la plus longue avec 8 mois des pluies (de fin
Août ou début Septembre au mois d’Avril) et la saison sèche avec environ 4 mois
(de Mai à Août).
Les précipitations moyennes annuelles sont comprises entre
1400 et 1600 mm d’eau. La température moyenne se situe dans l’intervalle de
20°à 22°C. Le relief du Territoire est constitué des plateaux et des plaines.
En ce qui concerne l’hydrographie, le Territoire est
traversé par des nombreux cours d’eau parmi lesquelles nous citons :
La Lulua, la plus grande rivière qui baigne Dibaya, le
sépare du Territoire de Kazumba à l’Ouest et celui de Luiza au Sud ;
La Moyo tire sa source dans le secteur de Tshishilu ;
La Lukula tire sa source dans les secteurs de Kasangidi et
Dibataie ;
La Lubi sépare le Territoire de Dibaya du Territoire de
Miabi (Kasaï Oriental) ;
La Lukeshi dans le secteur de Tshishilu ;
La Muanza Ngoma passe au Nord du Territoire, formant les
limites entre le Territoire de Dimbelenge et Dibaya.
Subdivision
administrative
Le Territoire de Dibaya est subdivisé en cinq secteurs
notamment les secteurs de Kamuandu, Dibataie, Kasangidi et Tshishilu.
Particularités du
territoire
La particularité du Territoire de Dibaya est le grand nombre
des rivières qui le traverse. Elles sont au-delà de 40 et nécessitent la
construction des ponts sur presque toutes ses routes. C’est un Territoire où le
vélo détient le monopole du transport des marchandises avec leurs conducteurs
nommés localement Bayanda, les véhicules y étant rarissime. Le diamant
constitue une première richesse minière et est exploité de manière artisanal.
Le Territoire produit des boissons alcoolisées communément appelées
tshitshiampa.
Section III : Vue
socioéconomique du territoire
Les grandes
entreprises, localisation et secteurs d’activités
Du point de vue économique, le Territoire de Dibaya ne
dispose pas de grandes entreprises en termes de capital et nombre d’employés.
L’on peut y signaler par ailleurs les représentations de la REGIDESO et la SNCC
qui sont des entreprises du portefeuille de l’Etat Congolais dont le personnel
permanant et temporaire n’a jamais dépassé 10. Habituée à utiliser l’eau des
sources, la Population consomme rarement l’eau distribuée par la REGIDESO.
Quant à la SNCC, cette société a connu plusieurs difficultés
ces dernières décennies suite à la vétusté des locomotives ainsi que du chemin
de fer. Ce dernier, qui suite à son délabrement très avancé, enregistre régulièrement
des déraillements.
Les institutions bancaires n’existent pas dans le
Territoire. Signalons néanmoins l’existence des industries traditionnelles
spécialisées dans la production de l’huile de palme et la boisson alcoolisée.
Généralement, les personnes utilisent régulièrement la moto
et le vélo comme moyen de transport et approvisionne le centre urbain en
produits agricoles et ramènent vers le Territoire les produits manufacturés et
autres produits pétroliers ou vestimentaires.
Principales zones de
concentration d’activités économiques et défis majeurs
Les zones où il y a concentration des activités économiques
dans le Territoire de Dibaya sont surtout dans les grands centres, dans les
marchés de consommation des biens courants où les lieux d’échange entre
vendeurs et acheteurs de produits agricoles et autres se font. Parmi ces grands
centres, nous pouvons cités : Tshimbulu, Bunkonde, Lubondaie, Kamponde,
Tshikula, Dibaya, Fuamba, etc.
Le plus grands défis à relever ici est la difficulté pour
ces communautés d’interagir entre eux et d’effectuer des échanges commerciaux
suite aux problèmes de moyens de transport et la mauvaise qualité des voies
d’accès.
Principales
infrastructures économiques et défis
Les principales infrastructures économiques du Territoire
sont entre autres le chemin de fer qui se trouve au Nord-Sud du Territoire, la
route national RN n°40 qui est parallèle à ce chemin de fer ainsi que d’autres
routes d’intérêt provinciales et les routes de desserte agricoles.
Malheureusement, toutes ces infrastructures sont impraticables et se trouvent
en état de délabrement très avancé.
Répartition des
activités par secteurs d’activités économiques
|
TERRITOIRE DE DIBAYA |
POURCENTAGE |
|
Agriculture et élevage |
70 |
|
commerce général |
10 |
|
Métiers informels |
8 |
|
travail salarié |
10 |
|
autres |
2 |
|
Total |
100 |
De la production
locale
Les produis locaux qu’on trouve à Dibaya sont entre autres :
Maïs, Manioc, Riz, Niébé, Taro, Pistache, Huile de palme, Boisson alcoolique à
base de maïs (Tshithampa), Farines de maïs et le manioc à l’aide des moulins
ordinaires.
Section IV : Brève
présentation des données sectorielles
Situation sanitaire
Le Territoire de Dibaya compte 4 zones de santé, 6 Hôpitaux
Généraux de Référence, 67 centres de santé et 2 centres de santé de référence.
Les Maladies récurrentes sont : Paludisme ; les infections
respiratoires aigües ; la diarrhée ; la malnutrition ; l’anémie.
Profil épidémiologique
Les informations recueillies auprès des services de santé
renseignent que le paludisme, les infections respiratoires aigües et les
maladies hydriques (diarrhée et le cholera) sont les causes de la forte
morbidité et mortalité dans la zone.
Agriculture et défis
de développement rural
|
PRODUCTION VIVRIÈRE |
PRODUCTION PÉRENNE |
||
|
PRODUITS |
BASSIN DE PRODUCTION |
PRODUITS |
BASSIN DE PRODUCTION |
|
Maïs |
Non signalé |
Palmier à Huile |
Non signalé |
|
Niébé |
Non signalé |
||
|
Riz paddy |
Non signalé |
||
|
Arachide |
Non signalé |
||
Défis du
développement du secteur
Malgré les efforts louables des acteurs sur terrain (ONGD et
agents de l’Etat concernés) de sensibiliser la Population à cultiver le champ.
La production reste faible sur la grande partie des surfaces cultivées suite
aux sols décrétés pauvres et à la difficulté d’accès aux intrants agricoles
adéquats divers (produits phytosanitaires, fertilisants, et les outils modernes
de travail du sol, semences améliorées et/ou certifiés, etc.). Egalement, le
feu de brousse par-ci par-là dans les savanes qui brule toute la matière
organique affecte sensiblement la productivité du sol.
Enfin, l’effectif de la majorité des fermiers et
agriculteurs regroupés en Organisations paysannes n’est pas maîtrisé. Cette
situation pousse certains bailleurs des fonds à minimiser les risques et
obligent ces derniers à refuser d’injecter des gros moyens financiers dans un
secteur à connotation informelle.
Education
Le Territoire compte 5 sous divisions éducationnelles, qu’à
cela ne tienne nous ne disposons que les données de 3 sous divisions
|
ENTITÉ |
SOUS-DIV. EDUCATIONNELLES |
TOTAL ECOLES PRIMAIRES |
TOTAL ECOLES SECONDAIRES |
TOTAL ECOLES |
|
Dibaya |
Dibaya 1 |
219 |
105 |
424 |
|
Dibaya |
Dibaya 2 |
188 |
119 |
307 |
|
Dibaya |
Dibaya 3 |
125 |
75 |
200 |
Les principales institutions d’enseignement supérieur et
universitaire du Territoire sont :
-
Université Saint Joseph de Kamutanga (UNISKAM) ;
-
Institut Supérieur de Développement Rural de
Tshimbulu (ISDR/Tshimbulu) ;
-
Institut Supérieur Pédagogique de Tshikula
(ISP/Tshikula) ;
-
Institut Supérieur d’Etudes Agronomiques de
Kamponde (ISEA/ Kamponde) ;
-
Institut Supérieur de Techniques Médicales (de
Tshimbulu (ISTM Tshimbulu).
Environnement et
enjeux de développement durable
Le Territoire de Dibaya dispose d’une flore diversifiée et
une faune caractérisée par plusieurs espèces telles que :
Espèces phares (faune) : Singes, Antilopes rouges,
Crocodiles, Boa, etc. ;
Espèces phares (flore) : Mukulumbwa.
Energie et accès à l’eau
Mise à part les lignes d’INGA qui transportent le courant
vers la Ville de Kananga, la SNEL ne dispose pas d’autres installations ni
adresse administrative.
En ce qui concerne la REGIDESO, cette dernière dispose d’une
usine de traitement d’eau ainsi que d’un bureau en son sein.
Malgré la présence de cette usine dont le réseau de
distribution est limité à Tshimbulu, l’accès à l’eau potable est très faible et
il est assuré en grande partie par les sources d’eau aménagées et forages dans
quelques grands centres.
Quant à l’énergie, les quelques personnes qui y accèdent,
sont servies par des groupes électrogènes privés, des exploitants revendeurs de
courant ou soit disposent des installations solaires.
Déficit
infrastructurel et niveau d’inter connectivité des réseaux locaux
La route nationale n° 1 (Matadi-Kasumbalesa) est deviée en
route nationale RN1 qui passe par le Territoire de Dibaya (à 130 km, de Kananga
jusqu’au bureau du Territoire à Dibaya centre). Cette dernière est une grande
opportunité de désenclavement du Territoire et d’approvisionnement en vivres
mais est moins fréquentée par les véhicules suite à son état très critique. Le
voyage y est possible, sauf que certains endroits ont été détruits par les
érosions et l’accumulation d’importantes quantités de sable rendant ces portions
de la route en mauvais état. En effet, bon nombre des routes vers le Territoire
de Dibaya sont en mauvais état et le reste en moyen état.
De manière générale, il n’y a pas des routes coupées à
Dibaya hormis quelques voies de desserte qui servent de raccourci aux Bayanda
et autres passagers à l’instar de celle allant vers Kananga qui est coupée à
Minkidimbwa, Lunyenye et Kapalula, trois rivières qui désormais sont pourvues
des ponts qui laissent à désirer (une partie en bois, une partie en fer, etc.).
Signalons également l’état de délabrement avancé du pont Kabujana à la rivière
Kabujana à environ 3 Km de Dibaya centre sur la route Dibaya-Mbujimayi. Il y a
également le pont Lukula vers la Mission catholique de Bunkonde sur la route
Tshishilu-kasangidi qui oblige le contour des engins lourds. Nous ne pouvons
pas ne pas parler de la limite entre Dibaya et Luiza sur la Lulua où la
traversé se réalise à l’aide des pirogues qui transportent les hommes et les
marchandises sans oublier leurs moyens de transport (moto, vélo) à la place des
bacs qui effectuent ce travail dans d’autres contrées.
Quant au Chemin de Fer, la ligne Ilebo-Sakanya, la plus
longue d’Afrique a dans le Territoire des gares à Tshimbulu, à Bitanda, à
Lwekeshi, à Mutefu, à Kaulu, à Kalumba, à Lubu, à kamponde. C’est une voie
d’accès considérable car un marché se crée tous les jours au passage du train
aux différentes gares prévues, pendant que le train libère les produits et
passagers d’ailleurs, embarquant ceux sur place. Néanmoins, le passage du train
reste rare et dispose d’un programme imprévisible pourtant la Population y
donne une très grande considération. Cette réhabilitation réduirait également
des cas d’accidents qui surviennent sur les chemins de fer pour renforcer la
sécurité dans le transport des biens et des personnes.
Section V : Projet de
développement en cours
Projet du
gouvernement central
Dans le cadre de PDL 145 Territoires initié par le
Gouvernement central, il est prévue la construction des écoles, des centres de
santé, la réhabilitation et entretien des routes de dessertes agricoles, la
construction des forages avec bornes fontaines, des bâtiments administratifs et
logement ainsi que l’appui en intrants agricoles, l’accompagnement et la
professionnalisation des producteurs agricoles des filières porteuses.
Projets mise en œuvre
par les partenaires au développement
Notons ici, les interventions du fonds social de la RDC avec
le financement de la Banque mondiale qui est intervenu dans la construction de
plusieurs écoles, hôpitaux et forage dans le territoire.
Section VI : Défis
majeurs pour le développement de Territoire
La vétusté des infrastructures de transport (rail, route,
bac) est un véritable frein pour le développement de ce Territoire.
Des initiatives
locales de développement
Sur ce plan, l’on peut signaler quelques actions des ONG et
coopératives locales qui ont pris conscience de la pauvreté qui règne dans ce
Territoire et ont par conséquent décidé de mettre leurs efforts ensemble pour
apporter leur contribution au développement à travers les travaux dans
l’agriculture, dans la promotion de l’éducation, VBG et autres selon leurs
possibilités financières.
Section VII : Atouts
et opportunités de développement du Territoire
Dotation en
ressources naturelles
La desserte en semences améliorées serait un déterminant de
la production agricole satisfaisante. Dans le secteur de KAMWANDU se trouve un
Centre Agricole de Production des Semences améliorées œuvrant depuis l’époque
coloniale ayant dans sa mission la distribution de semences de qualité aux
agriculteurs. Un appui régulier à ce centre contribuerait à la résolution du
problème des semences, un élément important dans processus de production
agricole. La production du palmier à huile, une activité rentable et de production
à long terme contribuerait dans la fabrication des savons et nombreux autres
produits. L’appui à élevage, une activité génératrice des revenus est
considérable.
La réorganisation du transport par train sans lequel le
Territoire serait quasiment enclavé faciliterait l’approvisionnement en produit
rares et/ou cher au Territoire (habits, souliers, poissons salés et séchés,
carburants, papeterie, bière,…). La réhabilitation des routes faciliterait la
circulation des personnes et leurs marchandises. La dotation des Bacs au
Territoire de Dibaya faciliterait le trafic entre Dibaya et les autres
Territoires.
L’octroi d’un financement à la REGIDESO faciliterait une
distribution régulière de l’eau potable partout pour la santé de tous.
L’aménagement des sources d’eau renforcerait la fourniture en eau potable. Le
manque d’électricité constitue un frein à l’essor économique du Territoire. Sa
réhabilitation occasionnerait la création des unités de transformation et
autres activités génératrices des revenus.
De la démographie et
capital humain
La population de Dibaya est composée en majorité de Baluba
du Kasaï (Bena Lulua), avec une minorité des Bakete à Kamponde. Le Territoire
de Dibaya est potentiellement riche en produits agricoles tels que le maïs, les
arachides, le manioc, le haricot, le niébé, le riz, etc. L’entretien des routes
de desserte agricole dans les Secteurs ruraux les plus productifs, la
réhabilitation des principaux axes routiers provinciaux et nationaux,
l’élevage, l’implantation des entreprises d’exploitations agricoles, le
développement de cultures et la mise en place des greniers agricoles s’avère
nécessaire car il y aurait des grandes productions de ces produits pouvant
servir à la consommation des paysans et pour la commercialisation à grande
échelle et aussi de la création d’emplois.
Le Territoire possède plusieurs cours d’eaux importants dont
les activités des pêches y sont très fréquentes pour approvisionner la population
en poisson dans le Territoire.
L’encadrement de plus de 73% des jeunes du Territoire par
les biais de la construction et l’assainissement des infrastructures scolaires
et universitaires, misant sur une bonne formation afin de prévoir une main
d’œuvre qualifiée en capital humain.
Tshimbulu, plaque
tournante du transit intérieur
Tshimbulu, deuxième ville du Kasaï central, joue un rôle
logistique clé dans l'acheminement des produits agricoles en provenance des
régions rurales vers les villes de Kananga et de Mbuji-Mayi À son arrivée à la
gare, le chargement — essentiellement composé de vivres et de produits
agricoles — est immédiatement pris en charge par une entreprise privée de
transport, née sur place et spécialisée dans la livraison locale. Mais le train
est devenu rare, réduisant sensiblement la vivacité de la vie économique de
Tshimbulu.
Le paysage bâti de Tshimbulu reste modeste. Hormis les
logements du cantonnier de la SNCC et de l’agent territorial, l’essentiel des constructions
se compose de magasins et d’habitations de commerçants. Une populaire en pleine
expansion s’étend progressivement au sud-ouest de la localité.
Plus loin, Kamponde, autre gare d’importance modérée,
constitue le terminus d’une route stratégique reliant Luiza et Kapanga. Cette
voie permet d’atteindre, à proximité du chemin de fer, de vastes exploitations
agricoles européennes. Si Kamponde vit du transit, la localité reste peu
développée, avec seulement quelques habitations éparses.
CAID, avec
Bena-Luluabourg.com